A la une !

Outre l’appel nous publions ci-dessous un texte de « premières propositions … pour construire l’alternative … ». Il convient désormais de tenir des réunions publiques dans chaque région pour lancer la discussion et construire le socle commun dont nous avons besoin.

Lettre aux premiers signataires (et aux autres !)

Lettre aux 1ers signataires de l’Appel des 100 publié le 1er mai 2016.

 

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Cher-es ami-es, cher-es camarades,

 

Bonne nouvelle ! : L’Appel des 100 sera présent à la Fête de l’Humanité qui aura lieu du vendredi 9 au dimanche 11 septembre. Nous y tiendrons un stand et nous proposons d’y organiser des débats et tables rondes. Vous pouvez voir ci-dessous le programme envisagé, qui n’est pas encore complet notamment sur les noms de tou-tes les intervenant-es.

Vous êtes donc cordialement invité-es à y participer, à venir débattre y compris pour discuter des suites de l’Appel, et des initiatives à prendre à la rentrée.

Un bar permettra quelques échanges plus conviviaux.  Nous proposons d’organiser un apéritif convivial samedi en fin d’après-midi avant la soirée culturelle et nous prévoyons également quelques temps musicaux.

Il sera aussi possible de mettre au point des rendez-vous pour des réunions publiques dans vos villes, villages, quartiers, régions. Nous ferons connaitre l’état de nos discussions sur les mesures d’urgence (le projet de texte initial est disponible sur le site : www.appeldes100.org).

Vous vous en doutez : il y a aussi quelques tâches d’animation très pratiques. Nous pouvons les résumer ainsi : tenir le bar, assurer une permanence pour faire signer l’Appel, répondre à des questions ou noter des sollicitations, surveiller le matériel. Si vous avez des disponibilités, elles sont les bienvenues.

L’équipe d’animation vous souhaite donc une belle fête de l’Humanité et sera ravie de vous accueillir au stand de l’Appel des 100.

Pour nous joindre : 1ermaiappeldes100@gmail.com

 

 

Et voici le programme à l’Agora de l’Appel des 100.

 

– Trois grandes tables rondes

– Trois ateliers

– Un forum 

– Une soirée musicale et culturelle.

 

Vendredi 9 septembre.

 

  • Vendredi 9 septembre à 17h30 : Mouvement contre la loi travail : quelles perspectives d’action après l’adoption de la loi?

Animation. Jean François Téaldi, journaliste, un des initiateurs de la pétition LoiTravailNonMerci.

Avec des représentants des syndicats opposés à la loi El Khomri.

 

 

Samedi 10 septembre.

 

  • Samedi 10 septembre à 11h : Quelle refondation de l’Europe face aux enjeux mondiaux ? Animation : Marie-Christine Vergiat (euro députée FdG).

Avec Bertrand Badie (universitaire, auteur de « Nous ne sommes plus seuls au monde), Jean Pierre Dubois (professeur de droit public), Pierre Khalfa (fondation Copernic), Miguel Urban-CRESPO (euro député, Podemos), Angeliki Visviki (responsable des questions migratoires à Syriza).

 

 

  • 16h, atelier : L’urgence écologique : les enjeux d’une agriculture paysanne.  Michel Buisson (agronome, Ensemble), Judith Carmona (Présidente de la commission agriculture à la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénnées), Xavier Compain (responsable du secteur agricole au PCF), Ben Lefetey (militant écologiste et altermondialiste).

 

 

  • 18h, table ronde : Les enjeux 2017 et de l’après 2017 pour une alternative citoyenne et de gauche. Quelle place de l’Appel des 100 ?

Avec Julien Bayou (EELV), Gérard Filoche (à confirmer), Michel Jallamion (Convergences Service Public), Willy Pelletier (Fondation Copernic), Marie-Pierre Vieu (PCF), Jean-François Pellissier (porte-parole d’Ensemble !).

 

  • Apéro convivial.

 

  • Soirée carte blanche à la culture.

Animation Serge Regourd, universitaire.

 

Dimanche 11 septembre.

 

 

  • Dimanche 11 septembre à 10h30 : L’enjeu démocratique : quelle mobilisation citoyenne ? Vers la 6ème République!

Avec Jean-Pierre Dubois (militant des droits de l’homme), Roland Gori (initiateur de l’Appel des appels).

 

  • 11h30, Forum. Egalité femmes/hommes, un impératif de société.
  • 14h, atelier urgences sociales : débat sur revenu universel ou socialisation du salaire /ou débat sur les mesures d’urgence en projet.

L’Appel des cent sera présent à la Fête de l’Humanité

L’appel des 100 tiendra un stand à la Fête de l’Humanité les 9, 10 et 11 septembre 2016, avec plusieurs tables rondes et débats. 

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Fête de l ‘Humanité. Agora de l’ Appel des 100.

 

– Trois grandes tables rondes

-Trois ateliers pour un socle politique commun

Un forum  –

Une Soirée musicale et culturelle.

 

Vendredi 9 septembre.

 

– Vendredi 9 septembre 17h30 : Le mouvement contre la loi travail : quelles perspectives d’action après l’adoption de la loi?

Animation. Jean François Tealdi, journaliste, initiateur de la pétition.

Avec des représentants des 4 confédérations opposées à la loi Elkhomri.

 

Samedi 10 septembre.

 

Samedi 10 septembre à 11h : Quelle refondation de l’Europe face aux enjeux mondiaux ? Avec Bertrand Badie ( Universitaire, auteur de « Nous ne sommes plus seuls au monde), Jean Pierre Dubois ( professeur de droit public, président de honneur de la LDH), Miguel Urban ( euro député, Podémos), Angeliki Visviki ( responsable des questions migratoires à Syriza, à confirmer), Marie Christine Vergiat ( euro députée FdG)

 

16h, atelier : L’urgence écologique :  les enjeux d’une agriculture paysanne.  Michel Buisson (agronome, Ensemble), Judith Carmona (commission agriculture de la région), Xavier Compain (PCF), Ben Lefetey (porte-parole de Sivens)

 

18h, table ronde : Les enjeux 2017 et de l’après 2017 pour une alternative citoyenne et de gauche. Quelle place de l’Appel des 100 ?

Avec Julien Bayou (EELV à confirmer ), Gérard Filoche ( a6confirmer), Michel Jallamion ( Convergences Service Public), Willy Pelletier ( Fondation Copernic à confirmer ),  Marie Pierre Vieu (PCF), Ensemble ?

 

19h30. Apéro convivial de 100.

 

20h30. Soirée carte blanche à la culture.

Animation Serge Regourd, universitaire.

 

Dimanche 11 septembre.

 

Dimanche 11 septembre à 10h30 : L’enjeu démocratique: quelle mobilisation citoyenne ? Vers la 6ème République!
14h : atelier urgences sociales.

Salaire socialisé ou revenu social garanti : le débat

L’Appel des 100 a commencé à mettre en débat des mesures d’urgence. Elles sont disponibles sur ce site. Dans les urgences sociales, une question est posée : la controverse sur le salaire, le salaire socialisé ou le revenu social garanti (parfois appelé aussi revenu universel). Nous avions convenu que des contributions pourraient être publiées sur le site : écrivez-nous ! Pour les alimenter, il est reproduit ci-dessous des pages de débat publiées dans l’Humanité, avec trois articles : Bernard Friot (sociologue et militant PCF), Jérôme Gleizes (conseiller EELV de Paris), Benoit Borrits (économiste, Association pour l’autogestion). Il est ajouté une contribution de Jean-Claude Mamet (militant d’Ensemble).

 

La socialisation des revenus ou comment penser l’après-capitalisme ?

Lundi, 20 Juin, 2016
L’Humanité

 

 
  • Le salaire universel, droit politique,  par Bernard Friot, sociologue, militant PCF, Réseau Salariat

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La culture dominante répand l’idée que la classe ouvrière est une classe vaincue, voire qu’elle n’est pas une classe pour soi. Or, loin d’être vaincue, la classe ouvrière a institué, contre le marché du travail capitaliste, le salaire à vie des fonctionnaires ; contre les régimes professionnels ou d’entreprise, le régime général qui institue le salaire continué des retraités et le salaire à vie des soignants libéraux ou hospitaliers ; contre le droit à l’employabilité, le droit au salaire des chômeurs ; contre le salaire capitaliste, prix de la force de travail et donc reconnaissant les besoins de mineurs économiques, la qualification de travailleurs reconnus comme producteurs à travers la qualification des postes dans les conventions collectives et celle du travailleur lui-même dans toutes les branches comme la métallurgie, la banque ou la chimie où, de fait, il y a une carrière salariale sans discontinuité. La bataille contre des réformateurs acharnés à en finir avec ces débuts de salaire à vie ne sera gagnée qu’en les généralisant.

Comment ? J’évoque à la suite de la CGT le maintien du salaire entre deux emplois jusqu’à ce qu’on retrouve un emploi à salaire au moins égal ou la titularisation de tous les agents contractuels des services publics. J’évoque aussi l’abaissement de l’âge de la retraite à 50 ans à 100 % du salaire net des six meilleurs mois, et cela indépendamment de la durée de cotisation (ces travailleurs ainsi payés par la caisse de retraite pouvant mettre leur savoir-faire au service d’entreprises marchandes, propriété de leurs salariés), le paiement par l’Unedic pendant trois ans des salaires des salariés reprenant leur entreprise en Scop, l’attribution aux 10 cohortes suivant la majorité (les 18-27 ans) du premier niveau de qualification et donc de salaire à vie (par exemple, 1 500 euros par mois). Amorcer ainsi la pompe de la généralisation du salaire suppose que les entreprises versent à la caisse des salaires (l’Unedic, transformée et gérée par les seuls travailleurs) une cotisation nouvelle de l’ordre de 15 % de leur valeur ajoutée, étant entendu qu’elles n’auraient plus à payer, elles, les travailleurs payés par la caisse. Cette cotisation nouvelle serait compensée en totalité par le non-versement de dividendes et le non-remboursement de dettes contractées pour investir dans l’outil de travail : les dettes privées pour financer l’investissement sont aussi illégitimes que la dette publique, et les dividendes doivent disparaître.

Car le salaire universel, ce n’est pas seulement le salaire pour tous, de 18 ans à la mort, c’est aussi le salaire pour tout, et d’abord pour subventionner l’investissement, y compris par la création monétaire sans crédit. Nous pourrions donc (là encore, il s’agit d’une suggestion pour lancer le débat) doubler la nouvelle cotisation salaire d’une nouvelle cotisation investissement, elle aussi de 15 % de la valeur ajoutée marchande, qui se substituerait au remboursement de crédits, et qui serait elle aussi compensée en totalité par le non-versement de dividendes et le non-remboursement de dettes contractées par les entreprises pour l’investissement productif.

En socialisant ainsi environ 400 milliards supplémentaires dans des caisses à gestion ouvrière pour amorcer la généralisation du salaire à vie et de la maîtrise de l’investissement par les seuls travailleurs, et en asséchant d’autant la centralisation capitaliste de la valeur, nous renouerons avec les révolutionnaires initiateurs du régime général de la Sécurité sociale en 1946, et nous commencerons à remplacer la propriété capitaliste des entreprises par leur propriété par les travailleurs, condition de tout projet d’émancipation du travail.

  •  Le revenu social garanti, outil d’émancipation sociale, par Jérôme Gleizes, conseiller EELV de Paris, signataire Appel des 100.

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Avant d’instaurer un revenu universel inconditionnel, il est important d’assurer un revenu minimum garanti. Verser un revenu, c’est aller dans le sens du Marx des Grundrisses, quand le travail devient directement productif à partir d’un certain niveau du machinisme. « Ce développement du machinisme commence seulement lorsque la grande industrie a déjà atteint (le) niveau (où) toutes les sciences ont été enrôlées au service du capital, (lorsque) la division du travail qui, ayant transformé de plus en plus les opérations manuelles en opérations mécaniques, a rendu possible, à la longue, leur remplacement par la machine. » Marx précise qu’alors « le savoir (va devenir) une force productive immédiate ». Le travail immédiat passe derrière le savoir qui devient force productive immédiate, c’est-à-dire producteur de valeur. « La vraie richesse étant la pleine puissance productive des individus, l’étalon de mesure en sera non pas le temps de travail, mais le temps disponible. Adopter le temps de travail comme étalon de la richesse (…) c’est réduire le temps tout entier au seul temps de travail et dégrader l’individu au rôle exclusif d’ouvrier, d’instrument de travail. » À ce moment du processus industriel, le revenu n’est plus la mesure du travail effectué mais le moyen de produire de la valeur. Comme pour tout investissement, il faut une avance en capital, le revenu est un investissement dans la personne.

D’ores et déjà, de nombreux revenus sont socialisés. L’exemple le plus évident est celui de l’agriculture. Les deux piliers de la PAC assurent l’essentiel du revenu des paysans, mais ils sont basés sur des volumes de production ou des territoires. Il pourrait être entièrement socialisé et distribué à la personne. Les États, les collectivités territoriales distribuent de nombreuses subventions, mais elles sont rarement attribuées aux personnes, le plus souvent à l’activité et surtout aux entreprises sans critères. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) est l’exemple type de ces aides sans effet sur l’activité. Au lieu de baisser les cotisations sociales, il serait plus judicieux de les attribuer directement aux salariés sous forme de revenu. Il en est de même pour la politique de l’emploi. Les aides concernent rarement les personnes. Tout cet argent pourrait sans difficulté assurer des revenus décents à de nombreuses personnes et augmenter les minima sociaux. Il va de soi que l’inconditionnalité du revenu implique de rompre avec toutes les politiques de workfare.

Pour les personnes au chômage, la Coordination nationale des intermittents et des précaires a fait une proposition intéressante de réforme en proposant une réforme plus équitable et moins onéreuse que celle du Medef, tout en assurant plus de personnes. Ce projet ne s’adresse pas à une catégorie professionnelle particulière, mais à une forme d’emploi générique, les emplois discontinus à taux de rémunération variable. Il permet d’assurer une garantie de revenu. Le régime d’assurance chômage pourrait être simplifié en ne comportant que 3 annexes, emploi continu, emploi discontinu avec ou sans taux de rémunération variable. Il permet d’inclure l’actuelle annexe IV des travailleurs intérimaires et des saisonniers qui privilégie plus les employeurs que les salariés. Comme dans la proposition de la Cnip, il faut réduire la variance des indemnités en plafonnant le maximum, permettre le cumul salaire-indemnités car un temps chômé peut être aussi un temps d’apprentissage. Ce type de dispositif est proche du revenu social garanti (RSG). Une révolution est possible avec le RSG. Il suffit d’un courage politique.

  •  Pour une socialisation concertée des revenus  par Benoît Borrits, responsable de l’Association pour l’autogestion

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Les cotisations sociales sont une façon de contester la propriété du capital : elles dénient aux propriétaires de l’entreprise le droit de payer le travail comme ils l’entendent. Au paiement du salaire proprement dit, doit être joint le versement de sommes destinées au remplacement du revenu du salarié en cas d’incapacité de travailler ou à des activités non marchandes : santé publique ou allocations familiales. Aujourd’hui, l’aspiration à la sécurisation des revenus salariaux ouvre un nouveau champ de socialisation du revenu. Nous définirons le revenu disponible d’une entreprise comme étant la masse salariale augmentée des flux de trésorerie libres (que s’approprient aujourd’hui les actionnaires et qui servent à payer les dividendes). Une façon de sécuriser les salaires consisterait à extraire une fraction (20 %, 30 % ou plus) de ce revenu disponible pour la redistribuer sous la forme d’une allocation fixe par travailleur en équivalents temps plein : une extraction de 33 % du revenu disponible permettrait aujourd’hui de redistribuer une allocation de 1 321 euros par salarié. Il s’agit de réaliser une péréquation entre les entreprises (www.perequation.org), à l’image de ce qui existe déjà pour les collectivités locales. Des milliers de projets économiques condamnés par le marché, notamment dans l’économie sociale et solidaire, deviendront possibles car une partie de la rémunération des salariés sera garantie sans contrepartie. Cela favorisera les reprises d’entreprises par les salariés en Scop. Les entreprises connaissent toutes des hauts et des bas, des moments de forte activité et des périodes de baisse de commandes. La péréquation permettra aussi de « lisser » ces périodes par le simple fait qu’une partie de la rémunération des salariés est mutualisée entre les entreprises.

Tout gouvernement progressiste qui sera demain élu devra développer de nouvelles politiques sociales : RTT sans baisse de salaire, cotisations à la charge des entreprises pour retrouver le 37,5 d’années de cotisation pour une retraite à taux plein, augmentation généralisée des salaires. Elles ont toutes comme commun dénominateur d’augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée. La montée en puissance de cette péréquation pourra accompagner ce mouvement en transférant des flux de trésorerie des entreprises à forte valeur ajoutée, qui en général concentrent les profits des actionnaires, vers des entreprises moins fortunées. Mais cette péréquation est aussi un outil de débat et de mise en œuvre de nombreuses mesures qui sont aujourd’hui proposées à gauche. Plutôt que de verser l’allocation à l’entreprise sur la base de la présence d’un salarié, on pourrait la verser, en tout ou partie, directement aux citoyens. La péréquation devient ainsi une mesure de financement d’un revenu universel. Plutôt que d’avoir une allocation unique, ne pourrait-on pas la moduler en fonction des qualifications de chacun ? En augmentant le paramètre de péréquation pour aller vers les 100 %, en le déconnectant du poste et en intégrant des qualifications, voilà qu’on réalise le système de salaire à vie défendu par Bernard Friot.

Dans le monde du salariat, nous ne sommes pas tous d’accord, loin de là, avec les quelques propositions que nous venons de citer. Mais nous sommes tous d’accord pour dès maintenant augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée et accompagner cette hausse d’un mécanisme qui déconnecte nos revenus de la logique marchande. La péréquation de la richesse disponible (www.perequation.org) devient alors un outil de débats politiques qui permettra au salariat de réaliser son unité dans la diversité.

Appropriation sociale 

Le séminaire Appropriation sociale, à l’initiative notamment d’Espaces Marx, a pour objectif d’explorer les voies possibles d’un projet de socialisation des moyens de production matériels et immatériels. Les cotisations sociales et les impôts contestent au capital le droit de disposer comme il l’entend du produit de l’exploitation du travail. Les propositions présentées dans ce débat s’inscrivent dans un dépassement du rapport capital-travail.

  • Le revenu d’existence est un pas de côté illusoire, par Jean-Claude Mamet, militant d’Ensemble, signataire Appel des 100

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Devant le constat d’un chômage de masse depuis 40 ans, souvent de très longue durée,  peu indemnisé ou pas du tout, une idée revient régulièrement, parmi les chômeurs ou leurs associations, chez certains jeunes sans revenu : il faut exiger un revenu universel pour toutes et tous, sans passer par l’emploi.  La société est assez riche pour le garantir. Cette proposition peut s’accompagner d’une prédiction de la « fin du travail » due à la puissance des nouvelles technologies, et donc d’une émancipation individuelle et collective par la promotion d’activités libres. Il existe une version libérale et patronale d’un revenu d’existence situé très en dessous du SMIC, financé par redistribution fiscale (une aumône aux pauvres parqués hors du circuit économique), permettant de baisser les cotisations patronales.  Cette version s’accompagne aussi d’une incitation pour les femmes à quitter l’emploi ou ne pas y entrer, par une allocation « garde d’enfants », ou sous-salaire maternel. Mais il existe aussi une version plus « utopique », qui préconise un revenu plus élevé (mais rarement chiffré avec précision) qui séduit des personnes qui ne voient aucune issue à la crise, et veulent à juste titre échapper à la stigmatisation des chômeurs et des contrôles.  Cette solution oublie que dans la société réellement existante, on ne peut s’échapper isolément du processus de production de valeur, converti ensuite en valeur monétaire (en salaire, allocation ou en dividendes), et donc au mode de production capitaliste. Les nouvelles technologies n’ont aucun pouvoir par elles-mêmes de s’émanciper du travail : elles ne produisent aucune « richesse » sans travail pour les activer. Notre but commun est bien entendu de combattre l’implacable despotisme capitaliste, qui oblige à passer par la mobilisation du travail dans l’emploi pour créer de la valeur qu’il s’approprie ensuite. Cela passe par une contestation de ce pouvoir au sein même du circuit capitaliste, des collectifs de travail, de l’activité économique en général, et de la réduction du temps de travail contraint pour toutes et tous. Sinon on croit échapper à la domination et l’exploitation par un revenu plus ou moins élevé, mais on laisse intact le pouvoir de direction sur la société aux détenteurs de capitaux.  L’affrontement avec le capitalisme est inévitable.

 

58 députés de toute la gauche se prononcent contre la loi travail

58 députés venant de toute la gauche : socialistes, non inscrits, écologistes, Front de gauche, se sont exprimés pour expliquer leur opposition à la loi Travail, adoptée une nouvelle fois par la procédure du 49-3. Le Journal Du Dimanche publie leur tribune, reproduite ici.

http://www.lejdd.fr/Politique/Contre-la-loi-Travail-58-deputes-previennent-que-la-bataille-ne-fait-que-commencer-798379

 

Contre la loi Travail, 58 députés préviennent que « la bataille ne fait que commencer »

TRIBUNE – Cinquante-huit députés, très majoritairement de gauche, réagissent à l’utilisation du 49-3 par le gouvernement pour faire passer la loi Travail en force en dernière lecture à l’Assemblée. « On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part », avertissent-ils.

Contre la loi Travail, 58 députés préviennent que "la bataille ne fait que commencer" Contre la loi Travail, 58 députés préviennent que « la bataille ne fait que commencer ». (Sipa)

Voici la tribune des 58 députés : « Ce mercredi 20 juillet, la loi Travail a donc été définitivement adoptée. Au cœur de l’été, il ne faut pas lâcher,mais continuer à dire pourquoi ce fut le moment le plus insupportable de ce quinquennat pour qui ne se résigne pas à la dégradation des droits des salariés français et au déni de démocratie.

Avec cette loi, le code du Travail sera plus complexe, et moins favorable aux salariés. Cette loi ne modernise pas, elle réduit les protections. Et derrière le motif légitime de favoriser la négociation sociale, en réalité elle fragilise les travailleurs et affaiblit la démocratie dans l’entreprise. Elle est adoptée sans dialogue et négociations apaisés avec les partenaires sociaux.

Sans le soutien des citoyennes et des citoyens, qui continuent très majoritairement à rejeter un texte aux antipodes des engagements pris par la majorité pour laquelle ils ont voté en 2012. Sans un débat parlementaire à la hauteur des cinquante-deux articles et des nombreux thèmes abordés dans ce projet de loi, visant à terme la réécriture de l’ensemble de la partie législative du Code du Travail. Sans même un vote des députés, sur chaque article ou sur l’ensemble du texte.

« Jamais nous n’aurions imaginé vivre une telle situation »

Mais bien après plusieurs mois de tensions sociales sans précédents pour un gouvernement issu de la gauche, par le biais d’un recours au 49-3, outil quasi-imparable de verrouillage et de chantage constitutionnel. Et sans plus de quelques heures de débat dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, désormais devenu un théâtre d’ombres. Jamais nous n’aurions imaginé vivre au cours de ce quinquennat une telle situation, tellement contraire aux valeurs et à l’histoire de la gauche. Elle nourrit la colère du peuple, et donne des arguments à ceux qui s’emploient à dévitaliser la démocratie.

Nous, parlementaires avons à chaque étape décidé de nous mobiliser, pour être à la hauteur de notre responsabilité : celle d’incarner le pouvoir de faire la loi en accord avec le mandat que nous a confié le peuple. Nous n’avons cessé de dénoncer les dangers de ce texte, en considérant que ses quelques points positifs ne pouvaient servir de prétexte à justifier ses reculs considérables. Nous avons en permanence recherché et organisé le dialogue, avec toutes les organisations syndicales, sans ostracisme ni stigmatisation; relayé les propositions et alternatives; et jusqu’au bout, œuvré à une sortie de crise, pourtant à portée de main.

« Le gouvernement a fait fi de toutes les oppositions »

Enfin, par deux fois, face au passage en force de l’exécutif sur ce texte fondamental, il a été tenté de déposer une motion de censure de gauche, démocrate et écologiste : il était de notre responsabilité de députés de la Nation de ne pas rester sans réaction face à cette situation. Nous le devions à celles et ceux qui pendant des mois se sont mobilisés par millions.

La voie autoritaire, aura permis au Président de la République et au Gouvernement de faire fi de toutes les oppositions, pourtant majoritaires dans le pays, de toutes les mobilisations, qu’elles soient citoyennes, syndicales, parlementaires. Mais à quel prix? Au nom de quel idéal, pour servir quel projet de société? Avec quelles conséquences pour le pays?

« On altère une nouvelle fois la confiance du peuple »

Comment ne pas voir, à l’heure où notre société traverse une crise démocratique majeure, que faire adopter sans vote, par le 49-3 utilisé à deux reprises, un tel projet de loi, concernant la vie quotidienne de millions de nos concitoyens, risque d’accroître ce fossé entre citoyens et gouvernants que nous prétendons tous combattre? Comment ne pas comprendre, six mois après des débats délétères sur la déchéance de nationalité, que l’on altère une nouvelle fois la confiance du peuple, en imposant un texte dont les dispositions vont à rebours des positions toujours défendues en matière de droit du Travail ? Pourquoi faire le choix de diviser un pays pour faire passer à tout prix un texte qui de l’avis même de ses concepteurs n’aura pas d’impact direct sur les créations d’emplois? Pourquoi imposer des mesures qui aggraveront les logiques de dumping social entre les entreprises, affaibliront le pouvoir d’achat des salariés à travers les baisses de rémunération des heures supplémentaires, et faciliteront les licenciements économiques, ou même réduiront les missions de la médecine du travail?

Le Président de la République et le gouvernement devront longtemps faire face à ces questions. Car cette méthode autoritaire n’éteindra jamais le débat de fond. Pire, elle est toujours contre-productive, par les ressentiments qu’elle génère.

Pour notre part, nous ne renonçons pas à porter la voix des citoyens mobilisés pour défendre leurs droits, leurs convictions, leur vision de la société et du monde du travail. Et surtout, nous ne renonçons pas à affirmer d’autres choix. Pour adapter le droit du travail aux défis du 21e siècle et aux mutations de l’économie, en le rendant plus protecteur pour les salariés, en dressant ainsi une véritable barrière contre le dumping social au sein de l’économie française ; en renforçant le dialogue social, le rôle des organisations syndicales, et la place des salariés dans les organes de décision des entreprises ; en renouant avec une démarche de partage juste et choisi du temps de travail, levier d’une lutte efficace contre le chômage; en se donnant tous les moyens de dessiner effectivement les conquêtes sociales de demain, avec au premier rang la sécurité sociale professionnelle.

Un code moderne et vraiment protecteur des salariés est possible. Il doit s’inspirer des leçons de l’Histoire et affronter les mutations du salariat. Nous retrouverons ainsi le chemin des réformes qui marquent utilement leur époque. On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part. »

Laurence Abeille, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Jean-Pierre Blazy, Michèle Bonneton, Alain Bocquet, Kheira Bouziane, Isabelle Bruneau, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Yann Galut, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Michel Vergnier, Paola Zanetti

(Les intertitres sont de la rédaction)

 

Une contribution au débat sur l’augmentation du SMIC

Jean-Claude Branchereau, un des initiateurs de l’Appel des 100, argumente sur une augmentation du SMIC de 150 euros dès 2017, avec un financement correspondant.

 

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Fichier : Smic débat

150 euros bruts de plus par mois pour le Smic en 2017 !

Il y a 1,7 million de Smicards qui perçoivent un peu plus de 1100 euros par mois. Une somme avec laquelle il est impossible de se loger correctement, de faire vivre une famille, d’éduquer ses enfants dignement. 80% des smicards sont des femmes !

Après des années sans « coup de pouce », le Smic devrait être augmenté de 10% en une seule fois, soit environ 150 euros bruts.

Il existe deux arguments pour s’opposer à cette proposition.

La première objection porte sur le risque de grignotage de l’augmentation

Le risque de grignotage des salaires par les coûts du logement, de la nourriture, de l’eau, du gaz ou de l’électricité ne permet pas de vivre dignement, de manière pérenne, quel que soit le niveau fixé au Smic. Ils n’ont pas tort. C’est pourquoi nous partageons ce que dit le texte de lancement de la discussion :

« Il faut augmenter les salaires et les plafonner pour réduire les inégalités. Mais il faut veiller en parallèle à ce que des hausses de loyers ou des factures d’eau, de gaz, d’électricité ne viennent pas obérer ces augmentations. Il faut mener des politiques coordonnées pour y parvenir. »

L’augmentation du Smic de 150 euros en une seule fois doit donc s’accompagner d’autres mesures. Tout d’abord, inscrire cette hausse dans un processus de revalorisation de tous les salaires à partir d’un plancher de 1800 euros bruts à atteindre dans des délais négociés à l’échelle de toutes les branches.

Ensuite, accompagner cette politique salariale d’un blocage des loyers sur 3 ans, de la fixation de tarifs sociaux pour l’eau, le gaz, l’électricité … les transports ou d’un quantum de mètres cubes, de kwh gratuits …

La seconde objection porte sur le financement

Augmenter le Smic de 150 euros mensuels bruts, cela correspond à une enveloppe d’environ 4 milliards. Nous proposons de créer un fonds de soutien aux TPE.

Avec l’écrêtement des rémunérations des patrons du CAC 40 au-delà de 20 Smic et une taxe sur les 40 milliards de dividendes versés en 2015 aux actionnaires, il y a de quoi financer cette mesure.

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Jean claude Branchereau

La réunion publique de Baud dans le Morbihan le 1er juillet 2016

Bonne réunion à Baud dans le Morbihan, nous raconte Jean-Pierre Fourré.

 

Fichier : CR Baud JPF

 

Plus de 100 personnes étaient présents, des partis du Front de gauche (PC, Ensemble, PG, République et Socialisme), d’EELV, des Collectifs locaux, des Insoumis, Philippe Noguès et ses amis, de nombreux syndicalistes, des citoyennes et citoyens non encartés. 30 personnes environ ont successivement pris la parole.

En ces temps où dans la vraie gauche, ce qui clive semble l’emporter sur ce qui rassemble, et sans porter de jugements de valeur sur qui est responsable et de quoi, le rassemblement de Baud est apparu comme une initiative positive susceptible, au moins au niveau local, de mettre en mouvement celles et ceux qui n’en peuvent plus des politiques de renoncement et de régression sociale et qui ne veulent pas se résigner, demain, à une confiscation de tout l’espace politique par la droite, l’extrême droite et ce qu’il restera du PS.

Le thème le plus souvent retenu a été le Rassemblement.

La discussion, riche et, dans l’ensemble,  respectueuse de tous, n’a pas permis, ce n’était d’ailleurs pas l’objectif, de gommer les différences d’appréciations, entre nous, sur « comment il faut faire ».

Toutefois, à quelques excès prés que nous oublierons rapidement, nous sommes au moins tombés d’accord, en nous appuyant sur les belles mobilisations sociales en cours, pour travailler ensemble, dans la perspective des combats de 2017, au rassemblement anti libéral à construire,  en Morbihan.

Le nombre de participants et le temps limité que nous avions n’a pas permis de commencer à construire un mode opératoire pour avancer. Aussi l’assemblée a décidé de se retrouver à la rentrée.

 

Philippe-Nogues-député-PS-2-300x209

Philippe Noguès, député du Morbihan, a démissionné du PS le 24 juin 2015.

Les articles de presse sur l’Appel des 100

Voici les articles de presse parus autour du Premier mai 2016, lors du lancement de l’Appel des 100.

  • 280px-Le_Journal_du_Dimanche_logo  « 1er Mai, l’appel des 100 » : à gauche du PS, on bouge encore

Encore une nouvelle initiative à gauche du PS. « 1er mai, l’appel des 100 » sortira dans les jours à venir et se veut le début d’une alternative au PS en vue de la présidentielle et des législatives de 2017. Il est signé par des syndicalistes, des associatifs et des politiques d’EELV, du PCF et du PS. « Sans le dire, cela signe aussi la fin de la primaire » et le non-adoubement de Mélenchon, confie l’un des signataires.

 

 

 

Clémentine Autain, Julien Bayou, Noël Mamère, Marie-Noëlle Lienemann et Caroline de Haas Clémentine Autain, Julien Bayou, Noël Mamère, Marie-Noëlle Lienemann et Caroline de Haas. (Montage Reuters/Sipa)

Il en est des initiatives à la gauche du PS comme des échappées dans les courses de vélos : il y en a beaucoup mais on ne sait jamais laquelle arrivera au bout. Alors que la primaire de la gauche et des écologistes, lancée par Yannick Jadot, Thomas Pikketty et Daniel Cohn-Bendit, a du plomb dans l’aile, des syndicalistes, des politiques et des intellectuels vont lancer une nouvelle initiative : « 1er Mai, l’appel des 100. »

Le texte se veut la base d’une alternative de gauche au PS en vue de la présidentielle et des législatives de 2017. Le but est d’aboutir à un socle programmatique commun et à des « mesures d’urgences ». « Elles constitueraient notre bien commun pour mener une campagne et construire des candidatures d’unité lors de ces échéances électorales », lit-on dans la dernière version cet appel encore en finalisation.

Mamère, Autain, Dartigolles, Lienemann, Balas…

Selon nos informations, l’appel doit être signé par une centaine de personnalités du monde politique, syndical et associatif. Y figurent des dirigeants du PCF comme le porte-parole Olivier Dartigolles, Marie-Pierre Vieu ou la dirigeante d’Ensemble, Clémentine Autain. L’appel ne se limite pas à des anciens membres du Front de gauche. On y retrouve aussi des écologistes comme les députés Noël Mamère, Sergio Coronado, Isabelle Attard, le porte-parole d’EELV Julien Bayou, l’eurodéputée EELV Karima Delli ou encore Patrick Farbiaz. Côté socialiste, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, l’eurodéputé Guillaume Balas et Gérard Filoche ont signé.

Des syndicalistes de Sud et de la CGT comme Baptiste Talbot (secrétaire général de la fédération des services publics), Annick Coupé (ancienne porte-parole de Solidaires), Pierre Khalfa (coprésident de la Fondation Copernic), Jean-Paul Dubois (ancien président de Ligue des droits de l’Homme), l’avocate Dominique Noguères, la militante féministe Caroline de Haas, l’opposant au barrage de Sivens Ben Lefetey, l’eurodéputée Marie-Christine Vergiat, l’altermondialiste Gus Massiah se sont joints à cette initiative.

« A rebours des politiques menées actuellement »

« Nous voulons contribuer à la transformation de notre société, par la remise en cause du productivisme et du consumérisme, par la redistribution des richesses (…), à rebours des politiques menées actuellement et sous les quinquennats précédents », lit-on dans leur texte. « On veut une alternative à ce gouvernement sinon on va crever », tranche Marie-Pierre Vieu. L’appel pourrait être distribué au cours de la manifestation du 1er mai. Les organisateurs veulent aussi tenir des réunions dans les toutes les régions entre mai et juin. En creux, c’est aussi le signe que ces signataires ne voient pas en Jean-Luc Mélenchon le candidat naturel de l’alternative de gauche à Hollande.

« Un texte qui sans le dire signe la fin de la primaire »

Mais c’est aussi « un texte qui sans le dire signe la fin de la primaire », reconnaît un participant : « Maintenant, on cherche une autre méthode pour la présidentielle mais on ne donne pas le mode d’emploi… parce qu’on ne l’a pas. » La primaire de Jadot, Piketty et Cohn-Bendit est en souffrance. Ses organisateurs ont un nouveau mot d’ordre : « Fini de tergiverser! » Ils voulaient enfin avancer et pour cela ont proposé aux chefs du PS, d’EELV et du PCF une réunion le 3 mai prochain. L’invitation est partie et pour le moment, elle est restée sans réponse. « Le 3 apparaît impossible pour des raisons d’agendas. Mais nous n’avons pas reçu de réponse officielle des partis à notre interpellation », explique Yannick Jadot.

« Il faut que les partis arrêtent de jouer les faux-culs. EELV et le PCF n’acceptent pas que le gagnant soit le gagnant. Paradoxalement, c’est le PS le plus clair », regrette l’un des organisateurs. Comme un symbole, vers mi-avril, alors qu’une réunion d’organisation se tenait, les mandataires d’EELV ont tout simplement oublié de venir. Preuve qu’ils n’y croient plus beaucoup. « Ils étaient absents et ne nous ont pas prévenus », déplore un participant. « Peut-être avaient-ils piscine? », ironise un dirigeant socialiste qui, lui, avait fait le déplacement.

Arthur Nazaret – Le Journal du Dimanche

  • L’Humanité :670px-L'Humanité.svg

    Appel des 100 : « Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative »

    Mardi, 3 Mai, 2016
    Humanite.fr

    Le 1er mai,  a été rendu public « l’Appel des 100 ». Prenant acte du contraste entre une mobilisation sociale et citoyenne en phase ascendante (mobilisations syndicales et jeunes dans l’unité contre la loi Travail, Nuits Debout,…) et l’absence d’un vrai débat d’alternative à gauche, des personnalités, intellectuel(le)s, syndicalistes, acteurs et actrices des mouvements associatif et altermondialiste, du monde de la culture,  et des élu(e)s et responsables politiques y affirment leur volonté de converger et de s’associer pour rechercher une issue favorable pour 2017 et après.

    Le 1er mai,  a été rendu public « l’Appel des 100 ». Prenant acte du contraste entre une mobilisation sociale et citoyenne en phase ascendante (mobilisations syndicales et jeunes dans l’unité contre la loi Travail, Nuits Debout,…) et l’absence d’un vrai débat d’alternative à gauche, des personnalités, intellectuel(le)s, syndicalistes, acteurs et actrices des mouvements associatif et altermondialiste, du monde de la culture,  et des élu(e)s et responsables politiques y affirment leur volonté de converger et de s’associer pour rechercher une issue favorable pour 2017 et après.

    Cet appel entend les débats stratégiques qui traversent la gauche à l’orée des Présidentielles. Il les prend en compte pour signifier l’urgence de créer ou re-créer du lien, favoriser les discussions de contenu, redonner du sens et une perspective commune à des femmes et des hommes, différemment engagé(e)s mais toutes et tous également actrices et acteurs de la transformation sociale.
    Cet appel ne doit pas rester un témoignage de plus. Il vise à prendre des initiatives dans une actualité marquée par une forte offensive libérale, des contre réformes telle la loi Travail, des atteintes sans précédent en termes de droits et libertés, une stigmatisation d’une partie croissante de la population et une criminalisation de plus en plus manifeste des syndicalistes comme de toutes celles et tous ceux qui prennent part aux résistances en cours. Il entend au travers de forums et rencontres menées partout en France engager un large débat citoyen autour de l’élaboration des principales mesures d’urgences pour l’alternative.
    Une première rencontre des premiers signataires de l’appel aura lieu très prochainement pour décider ensemble de sa mise en œuvre et du développement de sa démarche sur l’ensemble du territoire national. Nous vous tiendrons très vite  informé(e)s des suites et prochaines réunions.

    clr_ensemblemages_600Premier mai 2016 : un appel bienvenu

    Une centaine de responsables associatifs, syndicaux et politiques ainsi qu’un certain nombre d’artistes viennent de lancer un appel intitulé « Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative ».

    Cet appel, rendu public le 1er Mai 2016, se situe dans une conjoncture particulière. D’une part, un fort mouvement de contestation d’une loi de régression sociale, la loi travail, est en cours depuis plusieurs semaines. Cette mobilisation sociale, qui avait été précédé par la mise en échec de la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité, s’accompagne d’une irruption citoyenne inédite en France avec le mouvement Nuit debout. Quelle que puisse être leur avenir, ces mouvements ont déjà changé le climat idéologique dans le pays. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, le thème de l’identité, porté par le FN et une grande partie de la droite, dominait le débat public, c’est maintenant la question de l’alternative aux politiques néolibérales et sécuritaires qui est aujourd’hui posée. Manuels Valls l’a d’ailleurs bien compris, lui reprend les thèmes de la droite lorsqu’il déclare le 4 avril : « Il y a l’économie et le chômage, mais l’essentiel, c’est la bataille culturelle et identitaire ».

    Mais d’autre part, comme le note l’appel « Il y a débat à gauche sur la stratégie à l’orée des présidentielles, certains pensent que la réponse est dans une primaire, d’autres font d’autres choix : candidature déclarée, recherches de modalités nouvelles … ». Cette division empêche qu’apparaisse un socle commun de propositions de rupture avec la politique gouvernementale et porteuse d’une perspective de transformation sociale et écologique. Cette division est un frein puissant pour qu’une alternative aux politiques menées depuis des décennies puisse gagner en crédibilité et en audience. Il faut donc œuvrer pour un rassemblement unitaire le plus large possible de toutes celles et de tous ceux qui, à gauche, contestent les politiques néolibérales et leur avatar social-libéral. Cela passe, comme l’affirme le texte de l’appel, par « une démarche qui permette de débattre largement et sans exclusive et de sortir du fonctionnement politique habituel afin de mettre dans le paysage des propositions d’urgence susceptibles de rassembler et de redonner de l’espoir ».

    Le rassemblement donc qui doit viser à regrouper tous ceux qui cherchent une alternative à la politique mise en œuvre par le pouvoir en place depuis 2012. Mais cela ne suffit pas. Ce rassemblement ne sera rien s’il reste confiné à des démarches et des rapprochements au sommet. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un large débat public qui permette une implication citoyenne dans tout le pays. C’est pourquoi les signataires de l’appel veulent « co-organiser des débats en territoire, ouverts à toutes et à tous sans exclusive, pour construire et adopter un corpus de propositions de mesures d’urgences qui contribueraient à améliorer significativement et rapidement les conditions de vie de toutes et tous ». Si un tel processus populaire voit le jour, il s’agirait d’un événement qui reconfigurerait, au moins en partie, le champ politique, obligeant tout le monde, à gauche, à se déterminer par rapport à lui. Les propositions qui en sortiraient « devraient être pleinement intégrées dans les propositions des candidat-e-s aux élections présidentielles et législatives de 2017. Elles constitueraient notre bien commun pour mener une campagne et construire des candidatures d’unité lors de ces échéances électorales. »

    Certes, un tel processus ne résout pas tous les problèmes, en particulier celui de la désignation d’un candidat unique de la gauche de transformation sociale et écologique à l’élection présidentielle. Ce qu’il faut espérer, c’est que son ampleur oblige tout le monde à discuter pour que la désignation de ce candidat soit l’objet d’un processus collectif s’appuyant sur une dynamique citoyenne. C’est une bataille politique qui s’engage auquel nous voulons pleinement contribuer.

    Pierre Khalfa

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    L’« appel des cent », une nouvelle initiative à gauche

    LE MONDE |

    Une centaine de personnalités du mondepolitique, associatif et syndical lance dimanche 1er Mai « l’appel des cent », présenté comme une alternative de gauche au parti socialiste (PS) en vue des élections futures. « Nous voulons contribuer à la transformation de notre société, par la remise en cause du productivisme et du consumérisme, par la redistribution des richesses (…), à rebours des politiques menées actuellement et sous les quinquennats précédents », lit-on dans le texte selon Le Journal du dimanche qui en a obtenu une copie.

    L’ancienne conseillère régionale communiste Marie-Pierre Vieu, qui accompagne le projet depuis le début, a confié à France 3 : « C’est une critique de gauche de la politique gouvernementale. De maintenant jusqu’à la fin juin, nous allons organiser des débats et des forums dans les grandes métropoles et dans les départements. Il s’agit d’établir un cahier des charges des problèmes à régler et de faire des propositions phares pour sceller un rassemblement à gauche. »

    Distribué dans les cortèges

    Des personnalités comme Clémentine Autain (Front de gauche) ou Olivier Dartigolles (PCF) soutiennent le texte, aux côtés des députés écologistes Noël Mamère, Sergio Coronado ou Karima Delli. Les socialistes Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche sont également signataires, ainsi que la militante féministe Caroline De Haas, selon France 3. Le texte du manifeste devrait être distribué dans les cortèges du 1er Mai sous forme de tract.

    Cette nouvelle initiative intervient près de trois mois après celle des partisans d’une primaire à gauche, emmenés notamment par les écologistes Yannick Jadot et Daniel Cohn-Bendit et l’économiste Thomas Piketty.

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    Un « appel des 100 » pour regrouper les propositions à gauche en 2017
    Publié le 02/05/2016 à 11:19

    Parmi les signataires Clémentine Autain (Ensemble), Sergio Coronado (EELV) ou encore le socialiste Guillaume Balas. | Marc Ollivier – Ouest France / AFP

     

    Des socialistes, communistes, écologistes, des syndicalistes, associatifs et intellectuels lancent lundi un appel pour « favoriser l’irruption citoyenne dans le débat public ».

    Le but affiché est de constituer un « corpus de propositions de mesures d’urgences » en vue de la présidentielle de 2017.

    « Nous pensons que le rassemblement des forces de progrès, dans les domaines politique, syndical, associatif, culturel et intellectuel est indispensable pour créer les conditions de la mobilisation populaire », expliquent ceux qui ont paraphé le texte publié dans Mediapart, Politis et l’Humanité.

    « Nous affirmons donc notre volonté commune d’oeuvrer à ce rassemblement pour l’inscrire dans la durée et favoriser l’irruption citoyenne dans le débat public », écrivent ces signataires, répartis à peu près en trois tiers entre politiques, syndicalistes et société civile.
    Candidatures d’unité
    Parmi les signataires, outre nombre de chercheurs et d’artistes, des élus socialistes dont Guillaume Balas, Gérard Filoche ou Marie-Noëlle Lienemann, communistes comme Olivier Dartigolles ou Marie-Pierre Vieu, écologistes comme Julien Bayou, Sergio Coronado ou Karima Delli, membres de Ensemble comme Clémentine Autain.

    Plusieurs syndicalistes ont également signé, comme Baptiste Talbot (CGT), ou Gérard Aschieri (ancien secrétaire général de la FSU).

    Les signataires souhaitent « co-organiser des débats en territoire (…) pour construire et adopter un corpus de propositions de mesures d’urgence qui contribueraient à améliorer significativement et rapidement les conditions de vie de toutes et tous ».

    Y voyant un « bien commun » notamment pour « construire des candidatures d’unité », ils suggèrent que ces mesures soient « pleinement intégrées dans les propositions des candidat(e)s aux élections présidentielle et législatives de 2017 ».
    « sortir du fonctionnement politique habituel »
    Citant les tentatives pour organiser une primaire à gauche ou encore les candidatures déjà annoncées sans primaire, comme celle de Jean-Luc Mélenchon qu’ils ne nomment pas, les signataires estiment qu’« il faut de toute façon une démarche qui permette de débattre largement et sans exclusive et de sortir du fonctionnement politique habituel ».

    « Convaincus de la disponibilité de nombreuses forces et énergies citoyennes pour construire d’autres possibles par la mobilisation populaire », ils expliquent être d’accord pour remettre en cause le « productivisme », le « consumérisme », et prôner la « resdistribution des richesses », « à rebours des politiques menées actuellement et sous les quinquennats précédents sous l’aiguillon des organisations patronales, particulièrement du Medef, des marchés financiers et des institutions européennes ».

    Ils affirment enfin se retrouver pour refuser « les logiques de « guerre contre le terrorisme » et du tout sécuritaire, le recul des droits et des libertés publiques », en référence au maintien de l’Etat d’urgence depuis les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis.

La réunion publique à Rouen du 22 juin 2016

Rouen : débat tenu le 22 juin sous l’égide du collectif Idées (Initiatives et débats économiques, écologiques et sociaux), construit avant l’Appel des100, mais qui réunit le même arc de forces politiques et syndicales.
Cliquez ici pour découvrir l’invitation : flyer 2 pour 22 juin v3
Pour joindre le collectif Idées : collectif-idées@laposte.net
70 à 80 personnes avec un débat en deux temps :
ateliers thématiques :
·         Comment répondre aux urgences sociales qui se manifestent dans les grèves et manifestations ?
·         Comment bâtir des solutions avec la jeunesse ?
·         Comment répondre aux urgences écologiques et aux aspirations démocratiques à un autre monde et à vivre autrement ?
·         Comment financer des politiques d’intérêt général ?
 
 et table ronde avec : Jacques Chabalier (PCF), Gérard Filoche (motion B), Pierre Larrouturou (ND), Véronique Bérégovoy (EELV), et Jean-Claude Mamet (Ensemble).
Echanges sur le mouvement social,  sur 2017, la nécessité de passer des constats partagés à la rédaction d’une base commune, l’importance d’une démarche citoyenne  et aussi des échanges sur des primaires ouvertes avec des points de vue différents. Le débat se poursuit à la rentrée : une date est prise, une page facebook ouverte.

La réunion à Paris du 28 juin

La réunion a eu lieu à la salle La Java, dans le quartier Belleville. Plusieurs dizaines de personnes  y sont passées, sans doute pas assez pour Paris, mais les interventions ont été très intéressantes. Par ailleurs, il est recommandé de prévoir parmi les signataires franciliens de l’Appel d’autres réunions plus « décentralisées », dans les quartiers parisiens ou en banlieue.

Nous reproduisons ici les interventions d’introduction au débat prononcées par Marie-Christine Vergiat, députée européenne, Baptiste Talbot, militant syndical, et Jean-Pierre Dubois, militant associatif. Si d’autres personnes veulent publier leur intervention, il suffit de nous joindre.

Vous pouvez aussi cliquer ici pour voir l’invitation faite et les personnes qui sont intervenues ou ont envoyé un message de soutien : Projet invit 280616-3-2.

Participation ou message de soutien : Julien Bayou, Sergio Coronado, Gérard Filoche, Michel Jallamion, Pierre Laurent, Elise Löwy, Noël Mamère, Jean-François Pélissier, Marie-Pierre Vieu

et  :  Nathalie Andrieu-Hennequin (FSU),  Mathieu Borie (Sud Rail), Caroline de Haas (initiatrice pétition Loi travail non merci), Pierre Khalfa (fondation Copernic), Gérard Mordillat (écrivain) Willy Pelletier (fondation Copernic), Marc Slyper (CGT spectacle, intermittent), Malika Zédiri (APEIS)

 

 

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Nous vivons une crise profonde, sociale, économique, écologique, démocratique : une crise politique qui vaut en France mais aussi en Europe.
On veut faire croire qu’il n’y a pas d’alternative, comme si le TINA (There is no alternative) de Margaret Thatcher au début des années 80 était devenu le credo de la plupart des forces politiques dites gouvernementales.
Résultat : la droite nationaliste, l’extrême droite montent dans de nombreux pays européens avec des frontières de plus en plus floues entre les unes et les autres.
Cette ambiguïté, cette contagion sont   particulièrement visibles au sein du Parlement européen : le FIDEZS du Premier ministre, Viktor Orban siège au sein du PPE, avec les Républicains, le PiS polonais au sein de l’ECR, avec les conservateurs britanniques, l’UKIP de M. Farage et les 5 étoiles italiens au sein de l’EFDD, et le FN a son propre groupe, l’ENF
Le Brexit est une illustration de ces évolutions : ce n’est pas un Brexit de gauche : les Britanniques ont eu le choix entre la droite nationaliste de Monsieur Farage (qui réclame déjà des accords de libre-échange et prétend ne jamais avoir dit que les 350 millions de livres annuels affectés à l’UE seraient reversés au NHS (le système de santé britannique) et l’ordo-libéralisme de monsieur Cameron qui cherche à gagner du temps pour éviter le désastre qu’il a lui-même créé et avec le risque de voir éclater le Royaume-Uni (les Ecossais et les Irlandais ayant très majoritairement voté contre le Brexit).
En France, la « classe » politique semble obnubilée par la montée du FN.
En janvier dernier, nous nous sommes réunis pour voir comment nous pouvions réagir ensemble après la publication de l’appel « Notre primaire » avec l’idée de refuser de se laisser piéger par les institutions de la Vème République en faisant passer le fond avant les questions de personnes.
À cette première réunion participaient notamment, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Julien Bayou, Gérard Filoche et d’autres, notamment syndicalistes et acteurs associatifs.
Nous avons considéré qu’après l’échec de la constitutionnalisation de la déchéance de la nationalité, les fortes mobilisations dans le cadre de la COP 21 ou la solidarité vis à vis des migrants, des énergies citoyennes étaient disponibles pour construire une alternative à gauche, de gauche.
Nous avons été en quelque sorte rattrapé-e-s par le mouvement social contre la loi El Khomri et les « Nuits debout ».
Nous avons écrit le texte de notre appel et avons souhaité le publier symboliquement le 1er mai.
Les signataires de l’appel sont divers universitaires, artistes, syndicalistes, militants associatifs, altermondialistes, citoyens, responsables et élus de différentes sensibilités politiques.
Nous avons proposé de lancer, de co-organiser des débats en région et pour le faciliter, nous avons proposé des mesures d’urgence qui ne constituent pas un programme mais sont destinées à ouvrir, favoriser le débat autour de 7 thèmes:
– l’ « hégémonie » culturelle, autrement dit la nécessite de combattre l’idéologie dominante et de rendre crédible une alternative.
– l’urgence sociale qui sera présentée par Baptiste Talbot.
– l’urgence écologique pour changer notre rapport au monde en précisant que, pour nous, l’écologie, et notamment l’écologie politique, ne se limite pas à la protection de l’environnement et plus largement de la planète. Elle doit être vue dans toutes ses dimensions économiques et sociales et ne peut, comme nous l’avons écrit, être séparée de la question de la répartition des richesses ou de celle des biens durables et notamment des biens communs qui, tels l’eau et l’air, ne peuvent faire l’objet d’aucune appropriation et ne peuvent être gérés que dans un but non lucratif.
– l’urgence démocratique et l’urgence pour les droits et les libertés (déchéance de nationalité, assignation à résidence, limitation du droit de manifester sont quelques exemples de cette régression des libertés pendent des reculs sociaux). Jean Pierre Dubois nous en parlera.
– l’urgence économique et la nécessité de redéfinir des politiques publiques qui mettent l’économie au service des citoyens et non l’inverse. Nous considérons que la crise n’est pas une fatalité, pas plus que la réduction des déficits publics ou la dictature de la dette. La lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, une réforme fiscale de grande ampleur y compris pour les PME, 4 fois plus taxées que les multinationales, la taxation sur les transactions financières par exemple, sont autant de propositions permettant de dégager d’autres moyens budgétaires pour financer les services publics et leur redonner la priorité.
Proposer une alternative, c’est aussi reprendre le pouvoir sur les multinationales, les marchés et le monde de la finance. Le pouvoir politique doit avoir le courage de reprendre la main et ce, au niveau national comme au niveau européen.
Et sur la question européenne, au delà des différences que nous pouvons avoir, nous sommes d’accord pour dire que nous ne voulons plus de cette Europe, symbole de régression tous azimuts, des politiques austéritaires aux conséquences sociales catastrophiques dont la Grèce est un triste et triple symbole: laboratoire des dogmes libéraux, déni de démocratie et supportant le poids des égoïsmes nationaux face au drame des réfugiés.
Ce drame des réfugiés qui ouvre la question de l’urgence internationale et la nécessité d’autres rapports entre Etats, peuples et citoyens.
Une société monde où les échanges se démultiplient et où l’on voudrait que les êtres humains et bien sûr avant tout ceux du Sud restent chez eux, derrière les frontières, derrière des barbelés ou enfermés dans des camps.
Ce monde de plus en plus multipolaire où quelques Etats ne peuvent plus faire la loi pour tous les autres.
Il est temps de tourner la page de l’hégémonie occidentale pour inventer un autre monde où la solidarité et le partage remplaceront la concurrence, la compétition, la loi de la jungle, les logiques de guerre et de course aux armements.
Quand j’ai dit cela, j’ai tout dit et je n’ai rien dit.
Mais nous considérons que c’est à chacun d’entre nous, d’entre vous de s’accaparer les débats et de mettre en discussions nos propositions. Nous refusons le «  top down » et voulons faire vivre le débat. Celui-ci sera ouvert dans de nombreuses villes de France.
Les propositions peuvent aussi être discutées sur le site www.appeldes100.org.
Nous essayerons de rassembler les propositions et de construire un socle commun pour favoriser si possible des candidatures d’unité pour la présidentielle et les législatives.

 

fete humanite 2014 - vendredi 21 septembre - Forum social, les enjeux de la metropole, du grand Paris et dela reforme territoriale.Baptiste Talbot - Julien Jaulin

fete humanite 2014 – vendredi 21 septembre – Forum social, les enjeux de la metropole, du grand Paris et dela reforme territoriale.Baptiste Talbot – Julien Jaulin

 

En quoi les perspectives politiques constituent un enjeu syndical ?

Spécificités de la lutte syndicale telle que la conçoit le syndicalisme de transformation sociale : la lutte syndicale articule la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs, des privés d’emploi et des retraités, à la bataille pour la transformation sociale.

Le syndicalisme de transformation sociale est indépendant des partis et des pouvoirs en place à tous les échelons, mais il n’est pas neutre sur les enjeux de société et donc sur les questions politiques.

Le syndicalisme n’aspire pas à l’exercice du pouvoir politique mais il est intéressé  à ce que les aspirations du monde du travail soient prises en compte par ceux qui l’exercent, et il a donc intérêt à œuvrer à ce que le rapport de force politique crée les conditions de cette prise en compte.

Se pose donc la question des modalités de la construction de ce rapport de force, question qui doit être abordée à l’aune du contexte.

Les circonstances actuelles constituent une singularité par leur combinaison :

1 – l’offensive planétaire du capital et la financiarisation de l’économie qui entraînent de lourds dégâts économiques et sociaux

2 – les tensions internationales qui en découlent

3 – la défiance à l’égard de la construction européenne libérale qui est devenue une défiance à l’égard de l’idéal européen et plus largement de l’idée que des solutions doivent se construire au plan international

4 – la continuité austéritaire Sarkozy – Hollande, qui marque une véritable rupture dans notre histoire politique : malgré l’alternance, continuité et par certains aspects aggravation des politiques de régression sociale. Rupture lourde de conséquences à au moins trois titres : entretient mythe selon lequel il n’y a pas d’alternative ; parce que Hollande et ses soutiens continuent de se réclamer de la gauche, cette politique provoque la confusion dans l’opinion, divise la gauche et tire celle-ci vers le bas ; politique qui abaisse la parole et l’action politiques en raison des engagements non tenus

5 – la crise démocratique marquée par une remise en cause par les forces dominantes des moyens d’expression et d’action des citoyens (réforme territoriale, attaques contre les IRP, les bourses du travail, répression antisyndicale Goodyear, Air France…). L’état d’urgence est aussi une manifestation de cette entreprise de remise en cause. Crise aussi de nos institutions, des partis et plus largement des corps intermédiaires dont les syndicats

6 – la montée de l’extrême droite

 

Dans ces circonstances singulières donc, deux voies à emprunter, qui doivent s’articuler, pour créer le nécessaire rapport de force au plan politique :

-la mobilisation sociale la plus unitaire possible : mouvement enclenché sur le PJL El Khomri ; mobilisations dans différents secteurs ;… Processus enclenchés réunissent des forces diverses : composante syndicale  qui joue un rôle important pour ancrage dans le monde du travail ; organisations de jeunesse ; collectifs pluriels type CQFD ; campagne pétitionnaire sur Change.org ; … Le mouvement social contribue à remettre les attentes du monde du travail au centre du débat public. Cela permet de peser sur les choix politiques d’aujourd’hui mais aussi sur ceux de demain.

-la mobilisation citoyenne, de nature plus directement politique mais complémentaire de la première, qui vise à construire un projet politique alternatif de nature à mobiliser, et qui s’articule à la mobilisation contre le projet de loi Travail. Issue parlementaire du processus : enjeu de la motion de censure comme moyen de bloquer le projet de loi.

Dans les circonstances particulières où nous nous trouvons, nombre de militants syndicaux considèrent qu’il est de l’intérêt premier du syndicalisme, du monde du travail, de contribuer à faire émerger un horizon politique, un projet de nature à mobiliser les citoyens pour rompre avec les politiques menées depuis plusieurs décennies et retrouver la voie du progrès social et démocratique.

Il y a de fortes attentes dans le monde du travail et le syndicalisme, et aussi de la disponibilité pour la construction d’une alternative rassembleuse.

Plus largement, la question de l’alternative ne peut et ne doit être laissée aux seuls appareils politiques. Ceux-ci ont un rôle à jouer. Mais pour faire de la politique une affaire de masse, construire un projet par et pour les citoyens, il faut mobiliser et faire converger toutes les énergies prêtes à œuvrer dans la même direction.

Tout en étant vigilants sur l’indépendance de chacun, nous devons aussi tous mesurer la nature colossale des défis auxquels nous sommes confrontés. L’heure est aussi au volontarisme et  à l’audace pour faire bouger les lignes.

 

 Mettre le projet au cœur du rassemblement

La question de la candidature pour être traitée convenablement nécessite d’être traitée dans un second temps, après celle du projet.

 

Présentation du volet social des propositions de mesures d’urgence

 

Urgence sociale : Pour une vie digne

Des pans entiers de la population ne vivent pas décemment. Aucune société démocratique ne peut l’accepter. Au-delà de la simple décence, de l’exigence d’une dignité retrouvée, la lutte contre la pauvreté et la précarité est une lutte politique.

La France a le triste privilège d’être le pays européen où il y a le plus de millionnaires mais elle compte 8,5 millions de personnes qui vivent en deçà du seuil de pauvreté dont 1,9 million de travailleurs pauvres.

5 millions de personnes sont fragilisées par rapport au logement, 3,5 millions de personnes sont mal-logées et 141 500 personnes sans domicile.

Notre pays compte plus de 6 millions de chômeurs (toutes catégories confondues). 50 % des salariés gagnent moins de 1 670 euros par mois et 50 % des retraité-e-s doivent vivre avec moins de 1 000 euros.

Depuis le début des années 80, le capital a capté pour l’essentiel le surplus de la richesse produite. La part qui va aux salaires ne cesse de régresser au profit des actionnaires. Elle est passée de 70 à 60 % des richesses produites depuis 1982.

L’incertitude du lendemain est venue, depuis trois décennies, prendre la place du compromis social pour soumettre les travailleurs aux exigences des marchés.

Les femmes et les populations discriminées en sont les premières victimes.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Ils sont inacceptables dans notre pays qui est toujours la sixième puissance économique du monde en termes de PIB.

Il faut augmenter les salaires et les plafonner pour réduire les inégalités. Mais il faut veiller en parallèle à ce que des hausses de loyers ou des factures d’eau, de gaz, d’électricité ne viennent pas obérer ces augmentations. Il faut mener des politiques coordonnées pour y parvenir.

Quelques propositions à débattre :

  • Rétablissement de l’ordre public social, primauté de la loi et des conventions collectives, reconstruction du code du travail,
  • Augmentation des minimas sociaux, du SMIC et des salaires publics et privés,
  • Mise à disposition des populations les plus fragilisées de quotas gratuits d’accès à des services publics et des biens essentiels (énergie, eau, transport,…), blocage des loyers ou tarifs sociaux pour l’accès à ces biens fondamentaux,…
  • Égalité salariale entre les femmes et les hommes avec obligation de résultat et mise en œuvre de sanctions,
  • Allocation d’autonomie pour les jeunes,
  • Lutte contre la précarité sous toutes ses formes y compris salariale (la précarité doit devenir exceptionnelle, les emplois précaires doivent être limités, le temps partiel imposé interdit et toutes les formes de travail atypique doivent être encadrées),
  • Réduction du temps de travail (durée du travail -35 heures, 32 heures, semaine de 4 jours,.., âge de la retraite),
  • Débats sur revenu garanti, revenu universel de base ou salaire à vie,
  • Salaire maximum et limitation de l’échelle des salaires de 1 à 20,
  • Renforcement de la protection sociale pour assurer l’égalité devant les risques et les aléas de la vie y compris la dépendance,
  • Pour un réel droit à la santé et une politique du médicament,
  • Amélioration de la prévention sanitaire y compris environnementale et sur les lieux de travail et renforcement de rôle des CHSCT, des médecins et des inspecteurs du travail),
  • Mise en place d’une Sécurité sociale professionnelle permettant la continuité des droits tout au long de la vie,
  • Renforcement des institutions représentatives du personnel et nouveaux droits des salarié(e)s dans l’entreprise afin de leur permettre de participer pleinement au processus de décisions qui les concerne,
  • Suppression des aides publiques versées aux entreprises sans contrepartie,
  • Contrôle des licenciements abusifs et interdiction des licenciements boursiers

 

  • Intervention de Jean-Pierre Dubois, militant associatif : « Favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative »

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Fichier : Favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative

 

Vendredi 24 juin, j’ai fait un cauchemar : lors d’un prochain « G7 », Nicolas Sarkozy fraternisait avec Donald Trump et Boris Johnson… Bien sûr, les deux premiers n’ont pas (encore ?) gagné, et le troisième a été lâché par ses propres amis politiques. Mais que ces trois personnages soient sur le devant de la scène mondiale, cela veut dire que la politique va vraiment mal aujourd’hui. Et la liste ne s’arrête pas là : l’Europe où nous vivons est celle des Boris Johnson et des Nigel Farage, mais aussi celle du PiS en Pologne, du FPÖ en Autriche, de la NVA en Flandre belge, etc. etc. ; une Europe dans laquelle la droite extrême et l’extrême droite s’acoquinent et progressent toujours davantage.

 

Ainsi, en Europe comme ailleurs dans le monde (USA, Brésil…), ce ne sont pas seulement les institutions politiques de la démocratie sont en crise : les forces politiques ne sont pas en meilleur état.

Face aux démagogues nationalistes, xénophobes et racistes, il y a les tenants de la « démocratie conforme au marché » (selon la formule si claire d’Angela Merkel), ceux qui veulent mettre à genoux les peuples devant leurs « règles d’or » parce que l’or est leur seule règle, et pour ceux-là la démocratie et nos libertés ne sont qu’une gêne. Pour cette droite « néolibérale » et/ou « ordolibérale », c’est en force, s’il le faut, que doivent passer le recul social, la précarité pour le plus grand nombre, la concurrence de tous contre tous. En France, c’est en fait à cela que sert l’« état d’urgence » — pas à lutter contre le terrorisme (toutes les opérations sérieuses ont été menées sur la base du droit « ordinaire ») mais à bloquer le mouvement pour la justice climatique en décembre 2015 et le mouvement social en juin 2016. Oui, pour ceux qui aiment la « gouvernance » conforme aux désirs des marchés financiers, la démocratie est de trop, nos libertés sont de trop.

Mais les forces de la gauche sont elles aussi en crise, car toutes les formes anciennes du politique sont en crise. Dans nos sociétés d’individus, plus autonomes, moins « disciplinés », mieux formés et informés, la délégation sans contrôle, ça ne marche plus ; les astuces de « communicants », les grosses ficelles de campagne du genre « la finance, c’est mon ennemi », ça ne marche plus. Et les vieilles formules, les cartels de partis à l’ancienne, les négociations d’appareils, cela aussi ne fonctionne plus. Et donc c’est difficile, il y a des déceptions et des échecs, en Grèce en 2015, en Espagne ce 26 juin, en France si on fait le bilan depuis 2012. Mais il y a aussi du « neuf », ce « neuf » qui, avec des hauts et des bas parce que rien de réel n’est linéaire, va sortir de cette crise profonde.

 

Ces jeunes pousses de la démocratie, partout on en voit des signes : l’engagement massif de la jeunesse autour de Bernie Sanders, le refus tout aussi massif de la xénophobie d’un Farage chez les jeunes Britanniques, les acquis (qui demeurent malgré le piétinement du 26 juin) de la construction rapide et forte de Podemos, et en France les mobilisations sociales, écologiques, démocratiques contre la destruction climatique et le « tout kérosène », contre la déchéance de nationalité, contre la casse du code du travail, malgré la manipulation de l’état d’urgence, malgré le référendum « arrangé » en Loire-Atlantique…

C’est à cela que nous devons ouvrir un débouché politique, au vrai sens de ce mot. Donc, pas un « sauveur » sur le mode « Vème République », un « homme providentiel » qui nous maintiendrait dans la trappe de la « monarchie présidentielle », des grandes et des petites « écuries », des querelles d’ego et des ambitions personnelles : c’est tout cela dont les citoyens sont saturés jusqu’à l’écœurement, c’est ce show politique entre protagonistes du « 1% » qui, dans les « 99% », fait le lit de l’extrême droite et de l’abstention. Or nous partageons toutes et tous la volonté que cela cesse : le renoncement à changer le monde, le reniement des engagements d’« état de grâce » en « état de disgrâce », les alternances (de personnes) sans alternatives (de politiques), ça suffit !

Nous, nous voulons vraiment parler politique : nous voulons parler de ce qui tient à cœur aux « 99% », dans le monde réel. Et donc il nous faut une « irruption citoyenne ».

 

L’irruption citoyenne, c’est d’abord une vraie démocratie :

  • Dans une démocratie, la loi n’est pas faite ni défaite par un seul homme (nous ne sommes pas en Russie…), elle sort d’une délibération collective, au Parlement. C’est donc aux élections législatives de juin 2017, et pas ailleurs, que peut se construire une majorité capable de faire revenir à gauche la politique dans ce pays.
  • Mais aujourd’hui cela ne suffit pas car la démocratie, cela ne peut plus être uniquement la délégation : la représentation reste nécessaire mais elle n’est plus suffisante. Il faut donc encore plus d’initiative citoyenne, vigilante et tenace. Il faut entendre et aider les mobilisations citoyennes de la Coalition climat 21, de « Nuit debout », des solidarités avec les réfugiés et avec les sans papiers ; il faut soutenir les collectifs de citoyens, les pétitions en ligne, promouvoir les « conférences citoyennes »… et co-élaborer nos propositions « à l’islandaise », donc en partant du terrain, ville par ville, région par région.
  • Et il faut aussi du contrôle citoyen, sur les élus mais aussi dans les entreprises, dans les services publics parce que la démocratie sociale, celle qui a progressé en 36 puis grâce au Conseil national de la Résistance, doit reprendre sa marche en avant et parce qu’il n’y a pas de démocratie sociale sans citoyenneté sociale. Donc, la parole aux citoyens sur les choix qui concernent les services publics, aux comités d’entreprise sur les licenciements dits « économiques », aux électeurs sur les choix importants des collectivités territoriales…
  • Et encore, c’est tout aussi important : plus de représentation proportionnelle et plus de limitation des renouvellements successifs de mandats, pour avoir plus de « parité », de « diversité » dans la représentation démocratique… et que toutes celles et tous ceux qui résident sur le territoire de la République soient enfin pleinement reconnus comme citoyens : le droit de vote et d’éligibilité de tous les résidents étrangers, après plus de 35 années de promesses non tenues, ça ne peut plus attendre si on regarde en face le monde d’aujourd’hui !

 

L’irruption citoyenne, c’est aussi le respect de tous les citoyens, sans discriminations, sans boucs émissaires, quels que soient les origines, les appartenances, les convictions et les choix de vie privée : qu’on soit chrétien, juif, athée ou musulman, Rom ou « Auvergnat »… à égalité dans une République qui refuse le rance et le moisi. C’est aussi le refus des coups de menton autoritaires, de ce néo-bonapartisme d’un autre âge qui fait du George Bush en citant Clemenceau. C’est le refus des assignations à résidence politiques et des perquisitions administratives tous azimuts, des interdictions arbitraires de manifester, de cet « état d’exception » trois fois prolongé depuis maintenant 8 mois et dont l’essentiel va contaminer dans quelques jours le droit commun « permanent » grâce à une 10ème, 11ème, 12ème, on finit par perdre le décompte, loi sécuritaire votée… depuis 2012. C’est le refus de cette « politique de la peur » qui, depuis 15 ans sans interruption, n’a servi qu’à faire monter le « parti de la haine ». C’est le retour de la priorité à l’état de droit, à la « sûreté » (comme on disait en 1789) qui protège nos libertés à tous. C’est l’indépendance du Parquet, le contrôle judiciaire sérieux des activités de police, et la fin de l’instrumentalisation politicienne du maintien de l’ordre. C’est l’égal respect des droits quels que soient les territoires, les « quartiers » pauvres ou riches, les couleurs de peau et les « religions réelles ou supposées », et donc notamment la fin des contrôles au faciès, encore une promesse cyniquement non tenue.

 

Bref, ce que nous voulons c’est prendre de nouveau au sérieux la République, mais pas celle des « nationaux-républicains » : la « République laïque, démocratique et sociale », ce n’est pas si révolutionnaire car ce sont les mots de l’article 1er de la Constitution, mais, comme pour la devise « liberté, égalité, fraternité », il est plus que temps de passer aux actes, « pour de vrai » et pour de bon…

 

Et pour cela il nous faut provoquer partout la discussion avec nos concitoyens, retrouver la gauche face aux fossoyeurs qui courent non seulement à leur propre perte mais aussi à la catastrophe démocratique : retrouver l’espoir pour la gente commun, comme dit Ada Colau, et ne jamais oublier : En Comu Podem ! Unidos Podemos ! Cela se dit et se comprend dans toutes les langues, et cela dépend de nous.

 

 

 

Jean-Pierre Dubois

Militant des droits de l’Homme et de l’humain.

 

 

 

Lyon : première réunion de travail prometteuse

« Appel des 100 »: première réunion des signataires dans le Rhône

Une trentaine de signataires ont tenu une rencontre mercredi 29/06 à Lyon en présence de  Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche). Cette dernière a présenté la genèse et la démarche de l ‘Appel.
Deux heures d’échanges fructueux s’en sont suivis où la parole a bien circulé entre les personnes présentes : membres de composantes politiques (dont quelques élu-e/s), syndicalistes, salarié-e-s mais aussi étudiant-e-s et lycéen-ne-s, citoyen-ne-s n’appartenant à aucune organisation.
Il a été convenu de relayer  » grand angle » l’ Appel des 100 sur le Département et de co-construire une réunion publique à Lyon le  mardi 04 octobre.
Un compte-rendu plus exhaustif est en préparation.