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Europe

12 novembre 2016 – atelier europe et International

 

Compte rendu de l’atelier mandaté pour travailler sur 2 chapitres des « Propositions d’urgence de l’Appel des 100 » ch. 4. « Pour une nouvelle Union européenne au service de la solidarité entre les peuples », et ch. 5. « Urgences pour un monde de paix et de liberté pour les peuples ».

Un lourd programme de travail pour un groupe d’une vingtaine de participants disposant d’un temps limité !

Mais les échanges ont été fort intéressants à propos de cette situation mondiale et européenne qui, après le Brexit et l’élection de Trump, confime que nous sommes dans un moment tournant de l’histoire. Une période que dominent des menaces graves pour l’avenir de l’humanité (racisme, xénophobie, autoritarisme, guerre, dérèglement climatique et autres menaces sur la nature…), mais aussi riche de potentialités…

Gus Massiah a introduit par un exposé qui, s’appuyant sur la très connue phrase de Gramsci à propos du vieux monde qui refuse de mourir et du nouveau qui tarde à naître, moment générateur de monstres, propose de recenser cinq révolutions  : celle des droits des femmes, celle des droits des peuples qui avec la décolonisation a imposé les indépendances des États, qui tend aujourd’hui à mettre en cause ces États-nations et bouleverse les identités ; l’écologique, qui touche à la structure même du capitalisme ;  celle du numérique et des biotechnologies, qui concerne la vie humaine ainsi que le langage et l’écriture ; celle du peuplement de la planète, d’une ampleur renvoyant à ce que fut précédemment l’urbanisation du monde…

Révolutions en cours et inachevées qui génèrent des angoisses. D’autant que domine le retard de la révolution sociale. Ce qui fait que dans la bataille pour l’hégémonie culturelle, les forces d’extrême droite l’emportent (contre la valeur d’égalité et en faveur de l’obsession de la « sécurité »), face à une gauche qui est effondrée…

Ce qui ne doit pas conduire à sous-estimer les résistances fortes au sein des sociétés.

Une stratégie relevant ces défis doit articuler urgences et perspectives, c’est-à-dire un projet alternatif lui-même nécessaire pour résister. Des pistes doivent être dégagées pour une transition sociale, démocratique et écologique. Non pas sur le modèle de l’attente du « Grand soir » mais en cultivant ce qui est présent ici et maintenant dans nos sociétés.

La discussion a conduit à proposer de distinguer ce qui est de l’ordre de l’élaboration, qui exige du temps, et un temps long, d’une part, et, d’autre part, les propositions à avancer qui elles relèvent de l’urgence. Les deux étant indispensables pour construire une orientation.
Celle-ci doit viser la perspective d’un nouveau système international, économique et écologique.

En vue de (re)construire un front social, pour surmonter les divisions des classes populaires, et permettre l’affirmation d’un courant politique international.

Les mesures d’urgence s’inscrivent dans une logique qui est de portée pour le moins européenne, voire mondiale, et contraire à toute tentaion de repli national ou régional.

On devrait prioriser les questions de :

° La dette ;

° Du désarmement ;

° Et, face à la question migratoire,  la liberté de circulation. Un échange a eu  lieu sur la possible dissociation de celle-ci de la liberté d’installation, qui sur le plan des principes lui est liée. Pourtant l’écho de l’un et l’autre thème n’est pas le même. On peut parler d’un « droit d’installation », qui pour se concrétiser suppose une série de conditions en termes d’universalisation des droits sociaux, de capacités économiques… Alors que pour stopper les trafics mafieux et l’effroyable multiplication des morts en Méditerranée et dans les déserts, la liberté de circulation est impérative, afin de  permettre aux individus de circuler, de rejoindre leur famille, de retourner dans leur pays d’origine, sans être réprimés et surexploités faute de papiers… Cela est vrai pour l’Europe, et valable dans le monde.

Les différents éléments évoqués sont présents dans le texte proposé, ils demandent sans doute à être  mieux cernés et parfois davantage articulés.

Francis Sitel

Urgence européenne

Appel des 100

Premières propositions de mesures d’urgence

 

4-Pour une nouvelle Union européenne au service de la solidarité entre les peuples


L’Union européenne est menacée d’éclatement. Alors que la construction européenne a représenté un espoir de paix, de démocratie, de progrès social, elle n’est plus aujourd’hui que symbole de régression. C’est ce qui ex- plique, au-delà des manœuvres politiciennes de la droite britannique, le vote pour le Brexit.

 

Les pays du Sud mais aussi de l’Est sont ceux qui ont le plus fait les frais des politiques austéritaires. La Grèce en est le triste symbole : laboratoire des dogmes ultrali- béraux, subissant un déni de démocratie et portant tout particulièrement le poids des égoïsmes nationaux devant le drame des réfugiés.

 

François Hollande, à peine élu, s’est inscrit dans les orientations ultralibérales des gouvernements conser- vateurs, refusant de renégocier le Traité budgétaire et le faisant même ratifier par le Parlement français.

 

Des sources d’espoir naissent en Espagne, au Portugal. Nous devons nous appuyer sur ces expériences, avec l’appui du mouvement social européen pour mobiliser les opinions publiques, construire de nouveaux rapports de forces pour changer l’Europe.

Le gouvernement français doit être moteur pour porter une refonte des Traités européens afin notamment de faire primer la solidarité et la coopération sur la libre concurrence, de mettre en place un fonctionnement démocratique des institutions européennes, de redéfi- nir l’ensemble de leurs compétences et d’en assurer le contrôle.

 

L’Union européenne ne doit pas, pour autant, devenir le bouc émissaire de politiques portées ou anticipées par les gouvernements nationaux dans les instances européennes. Le Parlement national doit contrôler en amont les positions du gouvernement français au Conseil européen.

 

La France doit être prête à désobéir aux injonctions des institutions européennes qui vont à l’encontre des droits sociaux, des services publics, des              urgences économiques et écologiques.

 

La France doit agir dans une optique de solidarité avec tous les peuples européens, et non de repli national, afin d’isoler les tenants d’une Europe

basée sur les dogmes financiers.

 

Mesure N°38 : Abolir le traité budgétaire et engager la refonte des Traités européens en convoquant une large conférence citoyenne appuyée sur les institutions élues (parlements nationaux et européen) et les initiatives citoyennes existantes (syndicalisme, réseaux européens et notamment AlterSummit,…) avec en priorité la réforme du statut et des compétences de la BCE afin qu’elle puisse prêter directement aux Etats ; le renforcement du rôle du Parlement européen et le contrôle des Parlements nationaux sur les décisions prises par les chefs d’Etat et de gouvernement au niveau européen,..

N°39 : Organiser rapidement une conférence européenne sur la dette.

N°40 : Agir pour l’instauration d’une taxe sur les tran- sactions financières, l’abrogation des paradis fiscaux, l’harmonisation des assiettes et des taux de la fiscalité des pays membres de l’Union européenne (plus de fiscalité directe et progressive, moins de fiscalité indirecte, harmoni- sation de la fiscalité des entreprises -voir aussi n° 12 &15)

N°41 : Bloquer toutes les négociations sur les accords de libre échange qui ne tiennent pas compte de l’intérêt des popula- tions concernées et notamment le TAFTA, le TISA, l’ALECA, les APE et refuser la ratification du CETA.

N°42 : Mettre en œuvre de nouvelles politiques migra- toires respectant les conventions internationales (conven- tion de Genève sur le droit d’asile, conventions sur les tra- vailleurs migrants,…) et la liberté de circulation et mettre en place des politiques d’accueil respectant la dignité des personnes migrantes ou réfugiées.

N°43 : Développer une politique d’investissements massifs pour les besoins sociaux et écologiques.

N°44 : Réformer la PAC au bénéfice des petits agriculteurs et du respect de l’environnement.