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Un autre monde

Contribution du Rhône sur Projet de Société

Contribution de Catherine Boujot (69)

Notre système sociétal est à bout de souffle et compromet gravement la démocratie : les représentants de la nation ne sont plus reconnus comme légitimes. L’abstention lors des rdv électoraux est en soi l’expression d’un refus de se reconnaitre dans le système et les valeurs proposés. Participer à l’appel des 100 c’est se donner l’occasion de faire émerger une plateforme commune répondant aux aspirations d’un grand nombre de citoyens, offrir une alternative à l’abstention et au vote contestataire auquel seul le Front national aujourd’hui donne un écho.

Ce qui fonde la société des hommes : intelligence collective, solidarité, fraternité et aussi initiative, autonomie, liberté individuelle.

Ce qui la caractérise aujourd’hui,  le clivage : productifs/improductifs, salariés/entrepreneurs, université/monde du travail, de souche/déracinés, intégrés/exclus, les vieux/ les jeunes, les croyants/ les incultes, subventionnés/aidés, les bobos qui mangent bio et les prolos qui mangent gras et sucrés. Les discours relayés par les médias les plus écoutés font appel à ce qu’il y a de plus bas et mesquin chez chacun d’entre nous pour trouver des boucs émissaires parmi la population permettant d’expliquer les difficultés sociales et économiques sans que l’on ait à remettre en cause une société où le pouvoir politique est soumis aux banques et aux multinationales.

Ce que l’Islande a fait nous pouvons le faire : nationaliser le système bancaire et effacer la dette, traquer la compromission et les abus de pouvoir. La dette justement dont on prétend qu’elle est insupportable n’est jamais rapportée au patrimoine de la nation.

Le travail est une aliénation. Les hommes ont toujours œuvré pour s’en affranchir : outil, mécanisation, automatisation, informatique et aujourd’hui l’ère numérique en marche va révolutionner le monde du travail tel que nous le connaissons. Il faut s’y préparer, c’est impératif.

L’emploi est une occupation inventée pour maintenir la paix sociale : un bien précieux convoité par ceux qui n’y ont pas accès. De fait vouloir fournir un emploi à tous nous pousse à épuiser la planète : scier la branche où niche l’humanité, martyriser les populations de l’hémisphère sud ou d’Asie en les obligeant à produire pour notre compte à bas coût les empêchant ainsi de se développer, en leur vendant des armes pour qu’ils s’entretuent, en leur imposant notre modèle de société, plutôt qu’en partageant nos intelligences.

Les afflux de migrants sont la conséquence des politiques que nous menons. Personne n’abandonne sa terre, ses biens, sa famille au péril de sa vie sans y être obligé par des raisons impérieuses. La circulation des individus et la solidarité développée au cours de ces migrations est un des principes de survie des êtres humains depuis l’origine de l’humanité

Il est urgent de renoncer à épuiser la planète par un mode de développement basé sur la production d’objets superflus ou utiles mais avec obsolescence programmée. Là encore on nous fait croire que nous souhaitons changer d’électroménager ou de voiture tous les 5 ans, qu’il est malin d’acheter 5 paquets de gâteau dont un prétendument gratuit quand un seul suffirait à nos besoins tout en nous culpabilisant de ne pas manger équilibré et de creuser le déficit de la sécurité sociale. Des campagnes publicitaires envahissantes nous poussent à consommer toujours plus,  bimbeloterie livrée par le commerce international aux indiens que nous sommes tous devenus. Nous sommes assaillis de messages contradictoires brouillant nos facultés de jugement et d’analyse.

Le travail il y en aura de moins en moins et c’est très bien. Cela doit nous permettre de nous recentrer sur l’essentiel : panser et penser. S’occuper d’autrui, participer à l’exercice de la démocratie, avoir des loisirs, consacrer du temps à l’éducation, la recherche, la culture, l’art, la philosophie, produire de façon raisonnée, investir sur le durable, aller vers le beau.

Le discours martelé prétend que nous voulons du travail mais c’est faux ce que nous voulons c’est une place dans la société, être reconnu en tant que personne et être utile à la société. Une activité utile à la société est gage d’une bonne santé car la perte de sens est de plus en plus source de souffrance au travail. Pouvoir partager notre temps entre le service rendu au collectif et le temps personnel. Retrouver une égalité de traitement entre chaque citoyen : chacun contribue à la société en fonction de ses compétences et aspirations. Les travaux pénibles (corvées) reconnus d’utilité publique sont exercés à tour de rôle ; la formation tout au long de la vie permet d’exercer plusieurs métiers adaptés à sa condition physique tout au long de sa vie. Un poète, un médecin, un cantonnier, un étudiant, un dirigeant… tous bénéficiant d’un revenu universel en échange des services rendus car la nature n’attribue pas les mêmes aptitudes à chacun. Le salaire unique tout au long de la vie parce que l’on ne peut prétendre qu’il existerait un niveau de rémunération minimum quand on travaille, et que retraité ou à la recherche d’un emploi ce minimum pourrait être divisé par deux ou simplement disparaitre.

Comment le finance-t-on, comme aujourd’hui par la taxation des outils de production, en luttant contre l’évasion fiscale, les paradis fiscaux mais aussi par l’abandon des taches et productions inutiles ou nuisibles (abandon des industries polluantes, de la surproduction). La fin du bénévolat, de l’exploitation des étudiants par les entreprises, de la charité. Ce virage il faut l’amorcer dès maintenant par des mesures concrètes et nettes.

Lutte implacable contre la fraude fiscale et l’évasion fiscale, impôts progressifs sur les entreprises comme c’est le cas pour les particuliers. Les suppressions d’emplois dont on parle concernent les grandes entreprises mais ceux qui font l’emploi ce sont les millions de micro et PME. Il faut réorienter l’aide publique vers les PME, artisans, petit commerçants. Les soutenir c’est contribuer à retrouver le plein emploi. Les PME ont par ailleurs l’avantage de se consacrer sur l’essentiel. Les macro structures peuvent le luxe de taches inutiles. Soutenir les petites structures en allégeant leurs charges, financer cet allègement par l’augmentation des contributions des grands groupes, c’est possible. Favoriser la reprise, par les salariés, des entreprises qui ferment, c’est possible.

Permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail et non de l’aumône versée par l’Europe doit également être un objectif prioritaire, une cause d’utilité publique, de santé publique. La PAC a poussé les agriculteurs à s’endetter. La surproduction pollue et épuise les terres agricoles, maintient des prix bas obligeant les ventes à perte.

Ceux qui soutiennent que les dépenses publiques doivent à tout prix être réduites oublient ce à quoi sont consacrées ces dépenses : commande publique, service, éducation, culture…. Autant d’activités productrices de richesses financées par l’argent public.

Une autre société est possible si nous le voulons.

Urgences pour un monde de paix et de liberté

 

 

5-Urgences pour un monde de paix et de liberté pour les peuples

 


Les «grandes puissances « économiques et mi- litaires continuent de hiérarchiser le monde, les continents et les Etats en fonction de leurs intérêts géos- tratégiques et de ceux de leurs multinationales. Elles continuent de faire des dégâts humains, économiques et environnementaux y compris via des acteurs étatiques régionaux et des interventions militaires mortifères aux effets dévastateurs (Irak, Afghanistan, Libye, Mali,…) avec ou sans le soutien de l’OTAN.

 

Les conflits, les catastrophes – naturelles ou provoquées par l’homme – produisent des mouvements de population sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale.

 

Les enjeux planétaires doivent être réellement discutés au niveau mondial en prenant en compte l’avis des socié- tés civiles. Cela vaut tout particulièrement pour les confé- rences climatiques, les ressources alimentaires, l’accès à l’eau et à l’énergie. Il faut prendre au sérieux la COP 21 et mettre en œuvre effectivement les options prises.

 

Les Etats du Nord doivent cesser d’imposer leurs déci- sions. Le point de vue des populations des pays du Sud doit être pris en compte y compris au regard des dégâts occasionnés par la colonisation et ses suites.

 

L’enjeu est de remplacer cinq siècles de domination dite occidentale par de nouveaux rapports avec les pays du Sud basés sur la confiance, le partenariat et l’intérêt

réciproque des peuples.

Mesure N°45 : Annuler la dette des pays du Sud et notam- ment celle des anciennes colonies africaines de la France.

N°46 : Construire de nouvelles politiques internationales en mettant un terme aux logiques de guerre fondées sur les intérêts géostratégiques des Etats du Nord, et notam- ment des anciennes puissances coloniales, de leurs alliés et des multinationales.

N°47 : Respecter les engagements internationaux en matière d’aide publique au développement (0,7% du RNB) et bloquer les accords dits de partenariat économique avec les pays du Sud.

N°48 : Lutter pour le désarmement partout dans le monde en montrant l’exemple, en arrêtant la produc- tion et l’exportation d’armes (en premier lieu nucléaires, chimiques et biologiques) et en les remplaçant par des échanges favorisant les besoins essentiels des populations.

N° 49 : Soutenir les peuples qui luttent contre les dictatures, pour leur droit à l’autodétermination et contre l’accapare- ment des terres ; agir pour le respect des droits du peuple palestinien.

N° 50 : Mettre en cause les relations commerciales et di- plomatiques avec les pays qui ne respectent pas les standards interna- tionaux en matière de droits de l’Homme.