Urgence sociale : Pour une vie digne

Appel des 100

Premières propositions de mesures d’urgence

Urgence sociale : Pour une vie digne

Des pans entiers de la population ne vivent pas décemment. Aucune société démocratique ne peut l’accepter. Au-delà de la simple décence, de l’exigence d’une dignité retrouvée, la lutte contre la pauvreté et la précarité est une lutte politique.

La France a le triste privilège d’être le pays européen où il y a le plus de millionnaires mais elle compte 8,5 millions de personnes qui vivent en deçà du seuil de pauvreté dont 1,9 million de travailleurs pauvres.

5 millions de personnes sont fragilisées par rapport au logement, 3,5 millions de personnes sont mal-logées et 141 500 personnes sans domicile.

Notre pays compte plus de 6 millions de chômeurs (toutes catégories confondues). 50 % des salariés gagnent moins de 1 670 euros par mois et 50 % des retraité-e-s doivent vivre avec moins de 1 000 euros.

Depuis le début des années 80, le capital a capté pour l’essentiel le surplus de la richesse produite. La part qui va aux salaires ne cesse de régresser au profit des actionnaires. Elle est passée de 70 à 60 % des richesses produites depuis 1982.

L’incertitude du lendemain est venue, depuis trois décennies, prendre la place du compromis social pour soumettre les travailleurs aux exigences des marchés.

Les femmes et les populations discriminées en sont les premières victimes.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Ils sont inacceptables dans notre pays qui est toujours la sixième puissance économique du monde en termes de PIB.

Il faut augmenter les salaires et les plafonner pour réduire les inégalités. Mais il faut veiller en parallèle à ce que des hausses de loyers ou des factures d’eau, de gaz, d’électricité ne viennent pas obérer ces augmentations. Il faut mener des politiques coordonnées pour y parvenir.

Quelques propositions à débattre (sur ces sujets, plusieurs contributions sont déjà prévues suite à nos premiers échanges):

  • Rétablissement de l’ordre public social, primauté de la loi et des conventions collectives, reconstruction du code du travail,
  • Augmentation des minimas sociaux, du SMIC et des salaires publics et privés,
  • Mise à disposition des populations les plus fragilisées de quotas gratuits d’accès à des services publics et des biens essentiels (énergie, eau, transport,…), blocage des loyers ou tarifs sociaux pour l’accès à ces biens fondamentaux,…
  • Égalité salariale entre les femmes et les hommes avec obligation de résultat et mise en œuvre de sanctions,
  • Allocation d’autonomie pour les jeunes,
  • Lutte contre la précarité sous toutes ses formes y compris salariale (la précarité doit devenir exceptionnelle, les emplois précaires doivent être limités, le temps partiel imposé interdit et toutes les formes de travail atypique doivent être encadrées),
  • Réduction du temps de travail (durée du travail -35 heures, 32 heures, semaine de 4 jours,.., âge de la retraite),
  • Débats sur revenu garanti, revenu universel de base ou salaire à vie,
  • Salaire maximum et limitation de l’échelle des salaires de 1 à 20,
  • Renforcement de la protection sociale pour assurer l’égalité devant les risques et les aléas de la vie y compris la dépendance,
  • Pour un réel droit à la santé et une politique du médicament,
  • Amélioration de la prévention sanitaire y compris environnementale et sur les lieux de travail et renforcement de rôle des CHSCT, des médecins et des inspecteurs du travail),
  • Mise en place d’une Sécurité sociale professionnelle permettant la continuité des droits tout au long de la vie,
  • Renforcement des institutions représentatives du personnel et nouveaux droits des salarié(e)s dans l’entreprise afin de leur permettre de participer pleinement au processus de décisions qui les concerne,
  • Suppression des aides publiques versées aux entreprises sans contrepartie,
  • Contrôle des licenciements abusifs et interdiction des licenciements boursiers,

 

One comment

  1. Globalement d’accord avec ces propositions, je voudrais seulement ajouter deux éléments de réflexion :
    – s’il me paraît normal de distribuer des aides publiques aux entreprises avec une contrepartie ne devrait-il pas en être de même pour les aides publiques aux citoyens ?
    Exemples : la prime de rentrée doit donner lieu à des factures, en cas de chômage prolongé une journée hebdomadaire de travail social devrait être demandée (garde d’enfant, aide aux personnes âgées, travaux d’utilité publique …) … liste non exhaustive . Idem pour un éventuel salaire à vie.
    Cela permettrait d’éviter l’isolement des bénéficiaires et éviterait un sentiment d’échec ?
    – plutôt que la gratuité d’accès aux services publics demander une participation symbolique

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